dimanche 22 décembre 2013

L'esprit de Noël

Hier soir j'étais invitée à l'une de ces soirées où l'on célèbre plusieurs choses à la fois : soutenance de thèse des unes et des autres, publications, recrutements, et... mouvement anti-Noël. Malheureusement pour moi, en plus de figurer parmi les rares non-fumeuses (et allergiques à la fumée de cigarette), je fais partie de ces personnes qui ne haïssent pas Noël. On m'a copieusement huée.
Non, je ne suis pas une collabo du capitalisme et de la fièvre acheteuse de produits fabriqués par des enfants, des femmes et des hommes sous-payé·e·s et exploité·e·s. Ni une hystérique de la réunion familiale coûte que coûte, et quoi qu'il en coûte...

Mais j'aime cette valeur un peu galvaudée, qui nous paraît si américaine et britannique depuis que nous avons découvert les épisodes spéciaux de séries telles que Urgences, les Simpsons, ou encore Doctor Who : l'esprit de Noël. Avoir l'occasion, au moins une fois par an, de manière totalement décomplexée (parce que c'est justement l'occasion qui le veut) de dire à ma famille et mes proches que je les aime. Et faire des pots et de repas de Noël. Et leur offrir des cadeaux et/ou des chocolats. Bref, célébrer nos liens affectifs, et non pas l'heureux jour de leur naissance ou de leur prénom.
De même, j'adore (enfin, "adorais", j'ai soi-disant passé l'âge) chercher les œufs en chocolat dans les jardins et parcs à Pâques, ou faire des tartes au potiron à tours de bras pour Halloween.

Alors pour vous, rares grenouilles, humain·e·s, pacmans et bots qui passez sur ce blog, voici un petit tour illustré de ce que la littérature, la télé et l'Internet ont pu faire de Noël.

D'abord, rendons hommage au conte qui se dissimule plus ou moins bien derrière la plupart des aventures de Noël : A Christmas Carol de Charles Dickens (1843), ou l'histoire du méchant Ebenezer Scrooge, menacé de finir en Enfer par le fantôme de son ancien associé, qui devra parvenir à la rédemption grâce aux trois Esprits de Noël. J'avoue, mon premier contact avec ce conte a été l'une de ses adaptations en dessin-animé par Disney, avec Mickey...
Pour lire la version originale, avec les illustrations de John Leech, allez sur sa page du Projet Gutenberg.



Je ne résiste pas ici à évoquer deux adaptations et réécritures du conte de Dickens.
L'épisode spécial de la série britannique Doctor Who : "A Christmas Carol", écrit par Steven Moffat, réalisé par Toby Haynes, et diffusé le 25 décembre 2010 sur la BBC One. Je ne peux pas vraiment en parler (sauf à recopier le résumé Wikipédia), dans la mesure où il s'agit de l'un des rares Christmas Specials de la série que je n'ai pas vu...


Plus ancien, un épisode de la saison 2 de la série Xena, the Warrior Princess : "A Solstice Carol", écrit par Chris Manheim, réalisé par John T. Kretchmer, et diffusé le 9 décembre 1996. Xena et Gabrielle s'apprêtent à fêter le solstice d'hiver au royaume du Roi Silvus, mais découvrent très rapidement que toute forme de célébration est interdite et sévèrement punie par le roi. Ce dernier, traumatisé par la mort de sa femme, la Reine Amalia, hait le solstice d'hiver, les enfants et les fêtes. Bien sûr, Xena et Gabrielle vont tout arranger, à la suite de péripétie toutes plus rocambolesques les unes que les autres, impliquant un sapin géant, un système de poulie, un déguisement de fantôme, un âne et un apprenti Santa Klaus.


Le blog du programme de numérisation de masse de la Bibliothèque nationale de France, Gallica, a consacré pour sa part deux billets aux corpus disponibles : le premier "Noël: de la tradition à la réalité" est assez généraliste, il couvre les cantiques, contes, illustrations et photographies que l'on peut dénicher dans Gallica et sa banque d'images ; le second est assez original, et nous propose une histoire du Réveillon de Noël, ainsi que des menus et recettes !



Enfin, la littérature SFFF s'est évidemment emparée de Dickens, de Santa Klaus et de Noël.

Les éditions des Moutons Électriques ont consacré un numéro spécial de la collection Fiction au sujet : Les Noëls électriques, dirigé par Jacques Baudou et illustré par Letizia Goffi (Fiction Spécial, vol. 2, 2007). 19 nouvelles au sommaire, clôt par un article de Jean-François Ruaud. Parmi les auteur·e·s qui nous gâtent : Léa Silhol, Fabrice Colin, Catherine Dufour, Xavier Mauméjean, Mélanie Fazi, Johan Heliot...
Ma préférée est sans conteste "Évasion à Gui 5" de James Powell : il n'existe pas un, mais des Pères Noël, formés au sein d'écoles spécialisées, chargées de repérer les potentiels et de les dresser. Un problème de taille se pose en effet : la gaieté forcée qu'impose la fonction de Père Noël rend ses incarnations complètement dépressives, voire psychopathes. Des maisons de retraite, de repos et d'internement ont donc été créées afin de prendre en charge les retraités de la distribution de cadeaux. Tout se passait bien, jusqu'à ce que le pire ex-Père Noël psychopathe du pire asile, Gui 5, ne s'échappe à coup de meurtres et de mutinerie...
Si vous souhaitez un avant-goût de ce très beau livre (hélas épuisé), vous pouvez lire cette chronique publiée sur le webzine La Lune Mauve.

Dans la même veine horrifique, le recueil Utopiæ 2003, édité par Bruno della Chiesa, s'ouvre sur une excellente nouvelle de João Barreiros : "Douce nuit" ("Noite de paz", 1994). Elle raconte le massacre annuel du Père noël, de ses rennes, ses sapins et ses lutins, par des forces armées spécialement entraînées. L’éradication institutionnalisée du Père noël représente une entreprise sanglante, aux pertes humaines lourdes et à la finalité aussi glaçante que la description des combats : dans le futur, la générosité désintéressée est une monstruosité, une démarche rendue inintelligible par le système capitaliste mondialisé.

Pour finir, les éditions Argemmios ont publié il y a presque deux mois une anthologie qui figure en bonne place dans ma liste d'achats futurs : Noëls d'hier et de demain, dirigée par Pierre-Alexandre Sicart. Elle comprend dix-huit textes, écrits entre autres par Jean-Marc Ligny, Orson Scott Card, Anne Rossi...
Je vous invite à en lire la chronique par Lullaby sur son blog, très alléchante !



Il y a tant d'autres livres dont je pourrais parler (les Batman de Noël, par exemple...), mais à votre tour de le faire : et vous, que lisez-vous à Noël ?

lundi 2 décembre 2013

Bilan de presque fin d'année

Depuis mon dernier article, les choses ont à la fois peu et beaucoup évolué.

Tout d'abord, je n'ai pas fini à temps ma nouvelle pour l'AT Zombie de Griffe d'Encre. Trop de documentation, et une intrigue qui changeait constamment... bref, je ne savais pas quoi faire de mes personnages, et ça tournait à la novella. Je l'ai donc mise de côté, je la reprendrai lorsque j'aurai à nouveau l'ambiance et un fil directeur précis en tête.

L'AT Plume d'ange des éditions Sortilèges ayant été annulé, ce projet de nouvelle s'est lui aussi trouvé mis sur la touche. J'avais mon histoire, mais (et ça peut paraître curieux) pas l'époque et la zone géographique. Autrement dit, le récit dépendait du temps et de la zone dans lesquelles je décidais de le situer, et je n'arrivais pas à choisir entre la Syrie d'avant J.-C., le Brésil au XVIIIe siècle, et la France du XXe siècle.

Je planche actuellement sur l'AT Corde au cou du fanzine Piment & Muscade. Petit problème : autant l'aspect BMS (bondage, maîtrise, soumission) ne me pose pas de problème, écrire des scènes érotiques est déconcertant (c'est ma première fois - mais non, je ne rougis pas...) mais je peux compter sur le sous-forum "rose et noir" de CoCyclics ; autant imaginer et rédiger une scène de demande en mariage... je n'y arrive pas. Ça me dépasse. Je pensais connaître mes limites en termes de fiction, et, ô surprise, j'en découvre une.

Dans les AT qui me tentent en ce moment : Robots des éditions La Madolière (1er avril 2014), Les Sorcières du webzine L'Imaginarius (1er mars 2014), Dimension Merveilleux scientifique des éditions Rivière Blanche (1er mai 2014), Tombé du ciel du fanzine Piment & Muscade (31 mai 2014), et Le Monde derrière le Monde de la revue Etherval (15 février 2014).

Pour finir, mon projet de série (nouvelles et novellas) se précise. J'ai le nom d'une de mes deux héroïnes, les circonstances de sa rencontre avec l'autre, les époques en jeu (enfin, presque), et quelques intrigues commencent à se préciser. Il me reste cependant un énorme travail de documentation à (re)faire. Et tout le reste. J'adore cette partie où l'imagination explore différentes possibilités, où les personnages ont de la consistance mais le contexte demeure malléable.

vendredi 28 juin 2013

Première nouvelle envoyée

La nouvelle pour l'AT Jack l'Éventreur a enfin été envoyée à l'anthologiste Denis Labbé, des éditions Argemmios ! Je doute que le texte ait un quelconque avenir, mais ça me fait plaisir de l'avoir mené jusqu'au bout et d'avoir réussi à surmonter l'auto-dénigrement pour le soumettre à D. L.
La rédaction du texte a grandement bénéficié des coups de palmes de la mare, qui m'ont aidée à comprendre pourquoi la chute n'allait pas, et à l'améliorer.

Je travaille maintenant aux AT Zombies et Plume d'ange. J'aurais aimé écrire pour l'AT Le Don, mais une grenouille de la mare a déjà déposé dans le port un texte au thème similaire à l'idée que j'avais. Par précaution, je repousse donc le moment de créer ce personnage, qui me turlupine depuis un an...

Mes recherches pour l'AT Zombies sont presque terminées. J'attends qu'une de mes potes me confirme son accès ou non à des archives nécessaires (mais non indispensables) à la rédaction de la nouvelle. Ce sera du steampunk fantastique et scientifique. Je vais beaucoup m'amuser à l'écrire, celle-là !

Pour l'AT Plume d'ange, j'ai mon idée, mais l'histoire reste floue quant à sa chute, et dans le détail. J'hésite à la placer dans un contexte historique ancien, ce qui faciliterait mon affaire mais m'obligerait à faire beaucoup de recherches complémentaires (je pense au 17e ou au 18e siècle). Une temporalité contemporaine serait plus aisée, mais plus difficile sur la définition de l'ange... biblique ou une autre religion ? Quelles inspirations artistiques choisir, quel monde construire ? Rien qu'en rédigeant le billet, je viens de trouver deux solutions supplémentaires. Argh...